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30 mars 2008

Vers la suppression du référendum sur la Turquie ?

Chers amis,

Nicolas Sarkozy a longtemps été hostile à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, déclarant même «Si la Turquie était européenne, ça se saurait». Il avait même rappelé son hostilité à ce projet lors du débat de l’entre deux-tours face à Mme Royal, affirmant « Quand vous expliquerez aux habitants de la Capadoce qu'ils sont européens, vous n'aurez fait qu'une seule chose, vous aurez renforcé l'islamisme », caressant ainsi dans le sens du poil les électeurs majoritairement contre l’entrée de la Turquie dans l’UE. Mais NS est également opposé à tout référendum à ce sujet, alors même que le Parlement réuni en Congrès en 2005 avait décidé de faire approuver tout agrandissement de l’Union par voie référendaire. Alors que faire ? Opter pour le référendum et voir l’entrée de la Turquie repoussée ? Ou bien alors annuler tout recours populaire et permettre éventuellement ainsi à la Turquie de nous rejoindre ? Il semble que ce soit la deuxième option qui soit choisie. En effet, le Congrès devrait se réunir à Versailles le 7 juillet prochain et décider du sort du référendum. Ceci dit, à ce jour, rien n’indique que les parlementaires approuveront ce rejet. Car n’oublions pas que la majorité des parlementaires (UMP en tête) étaient déjà élus en 2005 et on les voit mal se dédire 3 ans après. S’ils le faisaient, ils perdraient tout crédit aux yeux de l’opinion ; si, au contraire, ils refusaient que l’on supprime le recours au référendum, ce serait alors un camouflet pour le Président de la République. Bref, en décidant de défaire ce que sa propre majorité avait fait en 2005, NS risque fort de se mettre à dos à la fois et l’opinion publique et ses propres parlementaires UMP. C’est avec de telles pratiques que l’on détourne les Français de la vie politique et que l’on discrédite la Chose Publique. Mais réconcilier les Français avec la République semble bien être la dernière préoccupation de Notre Sauveur…

29 mars 2008

Régionales 2010 : vers une modification de la règle du jeu ?

Chers amis,

Le gouvernement, décidément prolixe lorsqu'il s'agit de modifier les règles électorales, envisage de modifier celle du scrutin pour les régionales de 2010. A savoir, que cette loi avait été mise en place en 2003 par le gouvernement Raffarin... Vous trouverez ci-dessous un article paru dans Le Figaro qui résume les positions des uns et des autres.

Régionales 2010 : les soupçons de l'opposition 

Jean-Baptiste Garat
28/03/2008 | Mise à jour : 20:47 |
 
Il y a cinq ans, la loi électorale avait été modifiée par Jean-Pierre Raffarin pour endiguer la poussée du Front national.
Il y a cinq ans, la loi électorale avait été modifiée par Jean-Pierre Raffarin pour endiguer la poussée du Front national. Crédits photo : AFP

La réforme du mode de scrutin avant les échéances de 2010, souhaitée par le premier ministre, suscite l'opposition du PS et du MoDem.

La question remuait les cadres de l'UMP depuis plusieurs jours, François Fillon l'a exposée cette semaine. Dans L'Express, le premier ministre s'est prononcé «à titre personnel » pour une modification du mode de scrutin des régionales de 2010. «Le gouvernement souhaite un débat», a-t-il expliqué avant d'ajouter que sa préférence «va pour la proportionnelle à un tour» (lire ici). Façon pour le premier ministre d'engager un bras de fer avec l'opposition alors que celle-ci renâcle dans la réforme des institutions ? Il s'en défend : il faut «dissocier la question des modes de scrutin de la révision constitutionnelle».

La levée de boucliers à gauche n'a cependant pas tardé. «En tant que président de l'Association des Régions de France, je tiens à vous exprimer à nouveau notre opposition la plus ferme et notre grande inquiétude face à ce projet», écrivait le socialiste Alain Rousset à Matignon dès jeudi. Bruno Le Roux, secrétaire national du PS en charge des élections, attend avant toute chose qu'on lui explique «pourquoi» un tel changement. «Le mode de scrutin en vigueur a permis de dégager des majorités. La droite ne semble guidée sur les questions des modes de scrutin que par une inquiétude : “Quel est celui qui va nous permettre de gagner la prochaine fois ?” »

Des arguments balayés d'un revers de la main à l'UMP, où les voix sont nombreuses, après les défaites des municipales et des cantonales, à se prononcer pour une telle modification. «Le scrutin actuel est inique, injuste et très complexe, explique Roger Karoutchi. La lisibilité de l'élection régionale, avec son scrutin proportionnel à deux tours et prime au premier, est un vrai problème. Cela a conduit à l'abstention que l'on a connue en 2004.» La possible tête de liste UMP en Ile-de-France se sent d'autant plus à l'aise dans ses critiques qu'il rappelle que c'est l'actuelle majorité «qui a mis en place cette usine à gaz». Un an avant la débâcle de 2004, la loi électorale en vigueur avait été modifiée par Jean-Pierre Raffarin pour éviter que le FN ne se retrouve en position d'arbitre.

 

«Favoriser le bipartisme»

En 2008, l'ancien premier ministre tient le même discours mais la cible a changé. «Le scrutin actuel est mauvais dans la mesure où on est dans une logique de parti unique : on n'a plus de réserve de voix pour le second tour, on l'a d'ailleurs souvent constaté aux municipales cette année», explique Raffarin. Il propose donc «le maintien de ce mode de scrutin, mais à un seul tour pour favoriser encore le bipartisme». Un bipartisme menacé ? «Avec les Européennes en 2009, François Bayrou va retrouver une certaine audience, analyse l'ancien premier ministre. Il ne faut pas que l'année suivante, les assemblées régionales redeviennent ingouvernables à cause de petits partis.»

Au MoDem, bien sûr, on déplore une telle initiative. «Entre le résultat des élections nationales en 2007, dont l'UMP a tiré le plus grand profit, et celui des élections locales en 2008, dont le PS, à son tour, a tiré le plus grand profit, il y a une volonté de maintenir le débat politique dans le monopole de deux formations», déplore Éric Azière, en charge des élections au MoDem. «Si les scrutins locaux deviennent des scrutins sanctions, c'est que les citoyens ne se reconnaissent pas dans la représentation nationale», analyse son collègue Bernard Lehideux.

27 mars 2008

"Priorité au projet et à l'organisation du MoDem"

 Le Bureau Exécutif du Mouvement Démocrate a décidé mercredi soir de donner la "priorité au projet et à l'organisation" du parti créé dans la foulée de la présidentielle, avec un premier Conseil National le 14 mai. "La priorité est au projet et à l'organisation", a déclaré François Bayrou à l'issue de la première réunion des instances nationales depuis les élections municipales. Une réunion des candidats et des élus du MoDem aux municipales aura lieu le 26 avril à Paris. Elle sera suivie d'un Conseil National le 14 mai, qui sera chargé de ratifier un règlement intérieur pour l'organisation des mouvements départementaux. Des représentants de l'exécutif, dont François Bayrou, iront à partir de la semaine prochaine dans tous les départements pour faire la radiographie des attentes et parler avec chacun du bilan des élections municipales.
Le Bureau Exécutif du Modem, composé d'une trentaine de membres, a tiré un premier bilan de ces élections et a relevé le score moyen de 15,9% du premier tour par les 350 listes autonomes du Modem dans les villes de plus de 10.000 habitants, avec des pointes entre 16% et 32% dans plusieurs villes. Le MoDem a gagné 34 villes de plus de 10.000 habitants, 15 au premier tour et 19 au deuxième, et y a recensé près de 1100 élus, un bilan jugé positif.

François Bayrou reconnaît une "difficulté de communication" autour du "choix stratégique fondamental du MoDem", qui considère que le "centre indépendant peut parler avec les deux acteurs politiques principaux". Les alliances au cas par cas conclues par le MoDem entre les deux tours, tantôt avec l'UMP tantôt avec le PS, avaient en effet suscité de sévères critiques. "Alors que l'idée de pouvoir dépasser les frontières marque des points dans l'opinion, au deuxième tour il y a de nouveau une crispation sur le droite-gauche, qui a été une difficulté pour nous", a-t-il reconnu. Mais il a estimé que "l'horizon électoral" était désormais plus favorable, avec les élections européennes (2009) à la proportionnelle.
La proposition du Premier ministre François Fillon de modifier le mode de scrutin aux régionales constitue par ailleurs une "ouverture possible". "Nous avons maintenant du temps pour organiser le mouvement et mettre à jour le projet qui doit être créatif, durable et humaniste. la France a besoin d'un choix politique indépendant et construit."
Le Bureau Exécutif du MoDem a relevé l'impasse des projets PS et UMP, l'un et l'autre loin des attentes des Français.

23 mars 2008

Silence... on réprime...

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904176443.jpgChers amis,

Avez-vous entendu toutes ces critiques contre la répression chinoise au Tibet ? Non ? Prêtez bien l’oreille… Non vous avez raison, rien, pas un mot… Les autorités chinoises peuvent agir à leur guise et le No 1 chinois au Tibet peut menacer de mort le Dalaï-Lama, personne ne dit mot. Et il n’y pas que la  France qui se tait ; la plupart des pays ne réagissent pas non plus. Mais de la part du pays dit soi-disant des « Droits de l’Homme », on pourrait espérer un peu plus de réaction. Comme toujours, les intérêts économiques priment sur toute autre considération. Décidément, après la réception de  Kadhafi et de quelques autres grands démocrates de la même espèce, notre attitude vis-à-vis de la répression au Tibet ne va pas améliorer notre image à l’international. Certains diront que nous ne devons pas nous ingérer dans les affaires intérieures d’un autre pays. Rappelons-leur que c’est exactement ce que la France et la Grande-Bretagne avaient fait avec l’Allemagne nazie des années 30 et on a vu où cela nous a menés… D’autres prônent le boycott des JO de Pékin. Pourquoi pas mais pas sûr que cela serve les intérêts des Tibétains. Et si l’on veut que cela soit efficace, il faudrait que tous les pays boycottent et pas seulement quelques uns. Mais le Dalaï-Lama lui-même est contre le boycott et il est certainement le plus qualifié pour savoir ce qui sert le mieux les intérêts du peuple tibétain. Bref, la cause est complexe mais les Tibétains méritent bien plus que notre silence complice.

22 mars 2008

NS vu par the New York Times

Chers amis,
 
Vous trouverez ci-dessous un article paru dans The New York Times : l'image de notre Président, et par là-même de la France, apparaît bien écornée...
 
Le New York Times conseille à Sarkozy de se calmer

Dans un éditorial publié samedi et titré "Président Bling-Bling", le quotidien américain recommande plus de "discpline" dans la conduite des affaires au président français.
Florent Latrive
LIBERATION.FR : samedi 22 mars 2008
 
Le New York Times recommande samedi un peu plus de "discipline" dans la conduite des affaires au président français Nicolas Sarkozy dans un éditorial intitulé "Président Bling-Bling".

Evoquant comme un "camouflet" pour le président le résultat des récentes élections municipales et cantonales françaises, l'influent quotidien estime que "M. Sarkozy a été puni pour toutes les bouffonneries médiatisées et peu présidentielles qui lui ont valu le sobriquet de "président Bling-Bling".

"Pour un homme politique qui a travaillé si longtemps et si dur pour arriver à l'Elysée, M. Sarkozy a démontré de curieuses notions sur comment se conduire une fois dans la place", ajoute le journal.

"Son divorce tumultueux et son remariage presque immédiat à une chanteuse- mannequin glamour ont été quelques unes des initiatives les plus sensationnelles qui ont valu à Sarkozy la couverture de 252 magazines en 2007", indique l'éditorial.
Le New York Times rappelle également comme des preuves "de mauvais jugement" sa décision de "mettre fin abruptement" à une interview avec la chaîne américaine CBS, de "qualifier son porte-parole d'imbécile" ou "sa remarque grossière à un type refusant de lui serrer la main".

"Ces potins sensationnels ont été assortis de messages confus du gouvernement de M. Sarkozy, le président et ses conseillers souvent parlant et agissant en porte-à-faux avec les ministres", écrit le quotidien.

"Avec de la chance, poursuit le New York Times, le camouflet des élections sera juste ce dont M. Sarkozy a besoin pour concentrer à nouveau son énergie illimitée sur ce qu'il a promis: de sérieuses réformes économiques".

M. Sarkozy "est de loin trop bouillonnant pour devenir un clone de ses pompeux et graves prédécesseurs mais lorsque la conduite d'un homme politique interfère avec sa mission, il est temps d'appliquer une dose de discipline", conclut l'éditorial.
 

 
 

Editorial

‘President Bling-Bling’

Published: March 22, 2008

President Nicolas Sarkozy’s center-right party got a rebuke from French voters in recent local elections, with leftist parties narrowly beating Mr. Sarkozy’s party and its allies. The opposition Socialists tried to spin this as a rejection of economic reforms, the platform on which Mr. Sarkozy was elected 10 months ago, but they knew as well as everyone else in France that was not the issue.

For one thing, there haven’t been that many reforms that anybody’s noticed. For another, every poll made clear that Mr. Sarkozy was being punished for all the high-profile and unpresidential antics that have earned him the sobriquet “President Bling-Bling.”

For a politician who worked so long and hard to get into the Élysée Palace, Mr. Sarkozy has demonstrated a curious notion of how to behave once there. His stormy divorce and almost immediate remarriage to a glamorous singer-model were only the most sensational of moves that got Sarkozy onto 252 glossy French magazine covers in 2007.

Some are fairly classified as personal business, but some were bad judgment by any measure: when he stalked out of an interview with Lesley Stahl of CBS News while calling his press spokesman an “imbecile,” or his crude crack at a guy who refused to shake hands with him at the Paris farm show, which became an instant Internet hit. Such tidbits of sensation have been coupled with badly garbled messages from Mr. Sarkozy’s administration, with the president or his aides often talking and acting at cross-purposes to the ministers. Mr. Sarkozy proposed in February that fifth-graders research individual French children killed in the Holocaust, a peculiar foray into classroom issues that caught his government by surprise and was soon scrapped.

With luck, the election rebuff will be just what Mr. Sarkozy needs to refocus his boundless energy on what he promised: serious economic reforms. He has said he would “draw conclusions” from the local vote, and Élysée officials are taking steps to “represidentialize” the president. Mr. Sarkozy is far too ebullient to be turned into a clone of his staid and pompous predecessors, but when a politician’s behavior gets in the way of his mission, it’s time for a dose of discipline.

 



21 mars 2008

Recours à Pau

PAU (AFP) - Le président du MoDem, François Bayrou, a décidé de saisir la Commission nationale des comptes de campagne à la suite de "graves irrégularités" constatées, selon lui, lors de la campagne pour les élections municipales à Pau.

Parmi ces irrégularités figure notamment la publication d'un journal de campagne gratuit, favorable au maire sortant Yves Urieta, ex-PS soutenu par l'UMP, qui a impliqué "la mise en oeuvre de moyens financiers sans commune mesure avec les comptes de campagne", a indiqué à l'AFP M. Bayrou.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) peut enquêter sur la régularité des comptes des candidats et, le cas échéant, saisir le tribunal administratif des irrégularités constatées.

La liste de M. Bayrou a été battue avec 38,81% dimanche à Pau à l'issue du second tour des élections municipales, contre 39,76% pour celle de la socialiste Martine Lignières-Cassou et 21,42% pour le maire sortant Yves Urieta (ex-PS soutenu par l'UMP).

"Personne ne sait qui est derrière cette publication", a ajouté François Bayrou à propos des "Coulisses de Pau", un hebdomadaire gratuit tiré, selon lui, à environ 50.000 exemplaires et distribué dans les boîtes aux lettres paloises pendant deux mois.

Un avocat présent sur la liste de François Bayrou pour les municipales, Jean-Paul Brin, a déclaré de son côté à l'AFP avoir décidé de déposer un recours directement devant le tribunal administratif de Pau pour dénoncer les mêmes "irrégularités".

L'hebdomadaire contesté, "gratuit et sans publicité", est devenu au fil des publications "de plus en plus laudatif pour Yves Urieta et de plus en plus critique à l'égard de François Bayrou", a estimé Me Brin.

Les frais d'impression et de distribution cumulés atteignent à eux seuls le plafond de dépenses de campagne de 90.000 euros autorisé pour un candidat à Pau, selon l'avocat.

Me Brin affirme par ailleurs avoir découvert que cette publication était imprimée par un "petit imprimeur espagnol qui se trouve être le même que celui qui imprime le journal de campagne de M. Urieta".

Toujours selon Jean-Paul Brin, le tribunal administratif peut être amené à invalider un "candidat fautif", et même à annuler un scrutin, dans des cas rares, s'il apparaît que "des manoeuvres ont pu fausser ses résultats".

"Cette élection a été l'objet de manoeuvres en contradiction flagrante avec la loi électorale (...), elles doivent avoir une suite judiciaire", avait déclaré jeudi M. Bayrou, dans les propos rapportés par La République des Pyrénées.

Le député béarnais, devancé au second tour des municipales de 342 voix par la liste de la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou, avait estimé que "le résultat de cette élection a été faussé".

Article "Le Monde"

Chers amis,

Vous trouverez ci-dessous un article paru dans Le Monde daté de demain relatif à la politique africaine de la France. Il met en exergue les incongruités de la politique menée depuis ces derniers mois...

Le départ de M. Bockel souligne les incohérences de l'Elysée

Que les pressions, très réelles, exercées par plusieurs chefs d'Etat africains "amis" de la France constituent le motif central du départ de Jean-Marie Bockel de son poste de secrétaire d'Etat à la coopération ou n'aient fait qu'y concourir, le plus éclairant est ailleurs : cinquante ans après la décolonisation, un lien peut être établi de façon crédible entre les deux faits. Des dirigeants africains peuvent obtenir la tête d'un ministre de la République française. 

Dans l'immédiat, la première conséquence de cette "évidence" est de renforcer la position des principaux intéressés. Voilà l'obscur secrétaire d'Etat soudain transformé en martyr de la Françafrique pour avoir, en janvier, remis en cause l'aide française "attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources"

Les présidents congolais, Denis Sassou Nguesso, et gabonais, Omar Bongo, qui s'étaient sentis visés et avaient protesté auprès de l'Elysée, sortent aussi renforcés du remaniement français : le sort de M. Bockel témoignerait de leur capacité de peser sur la politique africaine de Paris. Le porte-parole du gouvernement gabonais s'est d'ailleurs réjoui du "signe intéressant" que constitue pour Libreville le départ de M. Bockel.

Or la mésaventure du secrétaire d'Etat à la coopération traduit d'autres réalités. Elle révèle d'abord les nuances, voire le clivage, existant au sommet de l'exécutif à propos de la politique africaine.

Tandis que la cellule diplomatique de l'Elysée semble avoir soutenu l'aggiornamento des relations franco-africaines souhaité par M. Bockel, le secrétaire général de l'Elysée, lui-même investi dans les affaires africaines, paraît avoir été réceptif aux protestations des vieux routiers de la "Françafrique" que sont MM. Sassou Nguesso et Bongo et aux missi dominici dont ils savent parfaitement faire usage.

LE "PRÉFET" CLAUDE GUÉANT A EU LE DERNIER MOT

Outre les secrets d'Etat français dont ces derniers sont censés être les dépositaires, leur influence diplomatique et les richesses pétrolières de leur pays constituent leurs principaux atouts. Face aux "diplomates" Jean-David Levitte et Bruno Joubert, le "préfet" Claude Guéant a eu le dernier mot.

Ce clivage ne fait que refléter - ou inspirer - les incohérences des discours du président de la République sur l'Afrique. Après avoir, pendant la campagne présidentielle, promis la "rupture" avec les "réseaux d'un autre temps", Nicolas Sarkozy avait choisi comme étape de son premier voyage présidentiel en Afrique le Gabon, où M. Bongo règne depuis quarante ans et dont les habitants ne voient guère le produit de la manne pétrolière.

Après avoir négativement décrit "l'homme africain" et son incapacité à " entrer dans l'histoire", à Dakar en juillet 2007, il a, en février, au Cap, magnifié le continent africain, terre de toutes les espérances, et la "magnifique leçon d'humanité" donnée par l'Afrique du Sud avec la fin de l'apartheid. Deux semaines après avoir appelé, encore au Cap, à construire "une nouvelle relation entre la France et l'Afrique", le président congédie le secrétaire d'Etat qui prônait cette évolution.

L'émission de signaux paradoxaux correspond sans doute aux deux cibles visées par le chef de l'Etat. Aux électeurs français, lassés par des décennies d'aide vaine à l'Afrique, il veut signifier qu'il est temps d'être plus exigeant. Les appels de M. Bockel à une "générosité plus efficace" allaient dans ce sens. Mais la part déterminante de l'Afrique dans l'influence française par ailleurs déclinante sur ce continent comme dans le monde, amène M. Sarkozy à ménager les "vieux amis" de Paris, même s'ils sont loin d'être des parangons de bonne gouvernance.

Mais en promettant la "rupture", M. Sarkozy a créé une attente. Les sociétés civiles africaines, reliées par Internet aux diasporas d'Europe et soutenues par des ONG internationales, veulent le prendre au mot. Dans les pays concernés, le soutien français à des satrapes indéboulonnables et sans successeur ternit l'image du "pays des droits de l'homme". Si le départ de M. Bockel marquait un retour au statu quo ante, le réveil pourrait être douloureux.

Philippe Bernard

20 mars 2008

Débat sur l'euthanasie

Chers amis,

 

Chantal Sébire est décédée hier. Cette dame avait bouleversé la France entière ces dernières semaines en nous faisant part de sa souffrance due à la maladie et de son envie de quitter cette vie. Malheureusement d’autres en ont décidé autrement en lui refusant le recours à l’euthanasie active. Combien de Vincent Humbert et de Chantal Sébire faudra-t-il pour que dans notre pays soit lancé un véritable débat sur l’euthanasie ? Lorsqu’une personne est confrontée à une maladie incurable pourquoi s’acharner à la maintenir en vie contre son gré ? Chacun devrait avoir le droit  de partir dans la dignité si tel est son souhait. Car en plus de la douleur ressentie par la victime, n’oublions pas sa famille et son entourage qui assistent impuissants à la dégradation irrémédiable de son état de santé. Espérons que le décès de Mme Sébire puisse au moins servir à créer un débat et que l’on sorte de l’hypocrisie dans laquelle notre pays se trouve face aux maladies incurables.

19 mars 2008

Souriez... vous êtes filmés...

Chers amis,

 

Ainsi l’Elysée a décidé d’engager un « cyber espion » afin de tracer tout ce qui peut être dit sur notre cher Président. Il faudra donc faire attention à ce que l’on écrira sur le net car sinon… Sinon quoi d’ailleurs ? Nul ne le sait. A croire que NS n’a rien de mieux à faire que des fiches sur les internautes indélicats à son égard. Insidieusement la censure est de retour dans notre pays. Voire même la délation. NS avait raison : « Ensemble, tout devient possible », même le pire… Dommage que ces actions ne figuraient pas dans le programme fourre-tout du candidat Sarkozy car il y a fort à parier que les Français n’auraient pas voté pour lui.  

18 mars 2008

Libération 18 mars 2008

Chers amis,

Vous trouverez ci-dessous un article paru dans Libération de ce jour.

Bonne lecture !

Bayrou ne se laisse pas abattre
Malgré sa défaite à Pau et le mauvais bilan du Modem, il refuse de revoir sa stratégie.
De notre envoyée spéciale à Pau LAURE ESPIEU
QUOTIDIEN : mardi 18 mars 2008
Ni abattu, ni déprimé, toujours résolu et sûr de lui. Au lendemain de sa courte défaite à Pau (38,81 %) face à la socialiste Martine Lignières-Cassou (39,76 %), et alors que dans son propre camp, les premières critiques tombent sur «l’échec» de la stratégie du Modem, François Bayrou confie : «Je suis entêté, c’est mon défaut. Et je n’ai aucune faculté d’adaptation au reniement.» La perspective d’une traversée du désert ? Elle ne lui fait pas peur. «Ça fait déjà des années que je marche sur le sable», convaincu qu’au bout «il y a la France qui change et les démocrates qui deviennent essentiels dans le jeu politique français». Certes, «l’élection a été très dure» , admet Bayrou. Et la défaite difficile à encaisser. «Mais on a défendu nos positions. Et nous avons enregistré en moyenne 15 % des voix dans les villes où nous nous sommes présentés. Ce n’est pas mal. C’est un premier pas.»

«Autonomie». A ceux qui, depuis hier, militent déjà pour un retour dans le giron de la droite, l’ex-candidat à la présidentielle répond qu’il ne changera pas de stratégie : «C’est une offensive classique, je la connais bien, relativise-t-il. L’affrontement dure depuis des décennies entre ceux qui estiment qu’il n’y a de possibilité d’exister pour le centre qu’en étant forcément aligné, et moi et mes amis qui depuis longtemps plaidons pour l’autonomie.» Le message ne varie pas : le centre doit être «une proposition différente». Il en va même de la bonne santé démocratique, soutient Bayrou : «C’est terrible, ces coups de barre à droite et ces coups de barre à gauche. Ça donne une impression d’instabilité et d’affrontement perpétuel dans le pays. Sans compter la crise qui s’annonce à gauche avec le congrès du PS. Le spectre politique français est en mouvement, et la question du pluralisme est centrale. Je ferai tout pour qu’en France, on dépasse ces antagonismes d’un autre temps.» Et le leader centriste de se vanter : «C’est la première fois depuis cinquante ans que quelqu’un dit: "Excusez-moi, mais votre système, ça ne me va pas."» François Bayrou assure ne pas être le seul concerné. «Est-ce que vous pensez que les écologistes vont rester mille ans dans la dépendance du PS, alors qu’ils meurent un peu plus à chaque fois ?» interroge-t-il. Avant de donner lui-même la réponse : «Je suis persuadé que non.»

«Jouvence». Optimiste, toujours optimiste, le Béarnais a décidé de regarder vers l’avenir. «On va faire naître une organisation politique nouvelle, à partir d’une génération politique nouvelle. Face aux caciques, c’est formidable d’avoir ce bain de jouvence. On va les former, on va les lancer, et on va leur faire de la place.»

Alors que le parti centriste va affronter les dissensions creusées par des alliances plus ou moins digérées, et préciser sa stratégie, François Bayrou préfère parler «du travail programmatique» qui l’attend, pour «énoncer les questions qui se posent aujourd’hui à la France, définir nos réponses. Et puis, derrière arrive l’organisation. Département par département, nous allons sélectionner les personnalités qui seront demain nos acteurs locaux». Une réunion des instances exécutives du Modem devrait donc avoir lieu rapidement. Mais «le plus important pour moi, c’est le projet, la vision». Le sien. La sienne.

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