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22 avril 2008
Compte-rendu
Chers amis,
Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de l'intervention radiophonique et télévisée de François Bayrou de ce matin.
François Bayrou était reçu ce matin par Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM-TV. Pendant près d'une demie-heure, il a fait le point sur la situation économique de la France un an après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence.
JJ. Bourdin "Quelques questions d’actualité, quota dans les entreprises pour les plus de 55 ans, bonne idée ou pas ?"
F.Bayrou : "Je trouve que plus on met de contraintes sur les entreprises, et moins ça marche. Il y a une vraie question de l’emploi des plus âgés parmi les salariés, c’est même en France un des points faibles de la société française, moi, je suis pour des mesures incitatives. ... Je pense qu’on pourrait aider les entreprises ou soutenir les entreprises lorsqu’elles emploient des salariés un peu plus âgés, par exemple en diminuant les charges des salariés plus âgés, vous voyez qu’il y a, là, une incitation et pas une contrainte."
Concernant le déficit de la sécurité sociale, et du déficit budgétaire plus généralement, F. Bayrou a constaté " Tous les déficits se creusent. ... On est dans un pays à qui on a fait croire, il y a exactement un an, au moment de l’élection présidentielle que c’était facile, qu’il suffirait de dépenser de l’argent, et que cet argent, comme on disait, injecté dans l’économie allait faire tout repartir et que, du coup, les déficits disparaîtraient. Evidemment, c’était une fable, c’était une illusion. Et aujourd’hui, on a la preuve sous les yeux que c’était une stratégie qui racontait des histoires, que c’était malheureusement prendre les électeurs ou les citoyens pour des gogos. Hélas, aujourd’hui, la situation est inquiétante sur tous les fronts." ...
JJ. Bourdin : "Est-ce qu’on peut dire que la faillite menace la France ?"
F. Bayrou :"Eh bien, vous savez, le Premier ministre l’avait dit. Ce qui menace la France en tout cas, c’est une situation insupportable, c’est une situation qui va faire que chacun d’entre nous - et les plus jeunes d’abord - va être placé dans une situation dans laquelle, pour essayer de rétablir un équilibre désespérément compromis, on va prendre sur le travail de chacun pour essayer de boucher le trou perpétuellement aggravé. Et cette situation-là, on l’a niée pendant la campagne présidentielle. Je veux rappeler que j’en avais fait le thème principal de ma campagne présidentielle : la dette; et cette situation-là, elle se trouve aujourd’hui ... au-dessus de la tête du pays comme une épée de Damoclès." ...
JJ. Bourdin : "Mais alors, vous seriez président de la République, vous faites quoi ?"
F. Bayrou : "J’aurais fait le contraire au départ ...Je n’aurais pas baissé les impôts, je n’aurais pas fait le paquet fiscal, j’aurais fait trois choses principales : j’aurais multiplié l’emploi par les deux emplois sans charges par entreprise ; j’aurais donné la priorité à l’Education, et j’aurais lutté sur le front de la dépense publique en posant la question de : qu’est-ce que l’Etat doit faire et qu’est-ce qu’il ne doit pas faire. Autrement dit, j’aurais pris le problème à l’envers, comme on l’a pris dans un certain nombre de pays." ...
JJ. Bourdin : "Mais alors F. Bayrou, si je vous écoute, la charge est terrible de votre part, alors quoi, est-ce que nous avons affaire à la tête de l’Etat à des incompétents, est-ce que nous avons affaire à des dogmatiques, est-ce que nous avons affaire ... à des menteurs ?... dites-moi..."
F. Bayrou : "N. Sarkozy a fait la campagne présidentielle, en réalité, avec une vieille recette connue depuis très longtemps, et que C. Pasqua avait formulée de la manière la plus explicite qui soit : les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. .... Qu’importaient les promesses, on verrait bien après, une fois qu’on y serait. Et c’est comme ça que depuis vingt ans, on creuse le drame du pays, on creuse le trou qui fait le drame du pays. Et ceci, évidemment, ça va appeler à une heure de vérité un jour, alors je ne sais pas si c’est dans six mois ou dans trois ans...
L’heure de vérité, c’est l’aveu au vu et au su de tous les Français qu’on est obligé de faire face à des échéances auxquelles on ne pourra pas faire face. Il suffirait que ces fameuses agences de notations internationales dégradent quelque peu la note financière de la France pour qu’on se trouve devant une situation explosive. " ....
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